Accompagné de petis gâteaux bretons à l'occasion de son lancement, le premier numéro de Matin Plus a mis en Une la photo du chef de l'Etat, avec pour titre "Chirac l'heure des choix".
Un syndicat de kiosquiers a appelé les marchands de journaux à boycotter "Le Monde", un des éditeurs de ce nouveau gratuit.
Le nouveau quotidien, qui se veut "informatif, neutre et généraliste", compte 30 pages, où la couleur rouge domine, et fait une large place à la photo.
Le quotidien est divisé en cinq séquences : Paris Ile-de-France, France, Monde, Sports, Culture, Télé, Cinéma, Télévisions. Matin Plus est la tête de pont en Ile-de-France de Ville Plus, le réseau de quotidiens gratuits lancé par des quotidiens régionaux pour contrer Metro et 20 Minutes.
Avec ce nouveau titre, diffusé à 350.000 exemplaires en région parisienne, Ville Plus, présent à Lyon, Marseille, Lille, Montpellier et Bordeaux, a désormais une distribution nationale de 590.000 exemplaires, selon le gratuit bordelais du réseau, Bordeaux 7.
Quatre à cinq pages sont réalisées par des journalistes du Monde et de Courrier International. Une vignette le signale en haut de page.
Le groupe Le Monde assure également l'impression de Matin Plus. A l'origine, Vincent Bolloré s'était fixé pour objectif de lancer ce nouveau gratuit du matin le 6 novembre. Mais des tiraillements entre les deux actionnaires -- Matin Plus est détenu à 70% par Bolloré et 30% par le Monde -- ont conduit à reporter plusieurs fois son lancement.
Préparé en grand secret, le quotidien a notamment soulevé des inquiétudes au sein de la rédaction du Monde, certains journalistes se montrant réticents à voir le vénérable quotidien du soir s'associer avec Vincent Bolloré, issu de la publicité et déjà propriétaire du gratuit du soir Direct Soir.
Début janvier, le nouveau directeur de la rédaction du Monde, Eric Fottorino, avait souligné que Matin Plus serait "le gratuit de Vincent Bolloré, pas celui du Monde", même si ce dernier était appelé à fournir des "pages signées". |