Les deux principaux syndicats de lycéens, UNL et FIDL, ont appelé venderdi à une journée de mobilisation le 8 janvier
Un collectif de fédérations d'enseignants, de syndicats lycéens et de parents d'élèves, prévoit des actions le 17 janvier, surtout contre les 13.500 suppressions de postes prévues dans l'Education en 2009.
Quelque 150.000 jeunes ont défilé jeudi contre le projet de réforme du lycée du ministre de l'Education Darcos à la demande de l'UNL et la FIDL.
150.000 jeunes, selon l'UNL, première organisation syndicale lycéenne, ont manifesté jeudi dans toute la France. L'UNL a qualifié la mobilisation "d'exceptionnelle". La police évoque, elle, le chiffre de 127.000 personnes. Quelques manifestations ont été émaillées d'incidents, comme à Lyon, où une voiture a été brûlée, plusieurs jeunes blessés, ou à Orléans où une femme proviseur adjoint a été légèrement blessée à la tête. Le trafic SNCF a été brièvement perturbé à Roanne et Dijon.
Xavier Darcos avait annoncé lundi qu'il reportait d'un an, en accord avec le chef de l'Etat, cette réforme censée entrer en vigueur à la rentrée 2009 en seconde. Le lendemain, il
précisait qu'il fallait repartir "de zéro" sur ce projet. "Nous allons ensemble rouvrir la totalité du dossier", a-t-il affirmé jeudi, tout en précisant qu'il ne changerait "rien à l'objectif de réforme".
Les lycéens ont pourtant choisi de maintenir leurs manifestations avec des slogans et banderoles tels que "Darcos, maintenant ou dans douze mois, ta réforme on n'en veut pas" (Lyon), "Darcos démission pour sauver l'éducation" (Rennes), "Notre éducation n'est pas au service du fric !" (Paris), "Au clair de la Lune, mon ami Darcos / Prête-moi ta thune, pour payer mes profs" (Lille).
"C'est impensable de parler d'une réforme sur fond de suppressions de postes", a estimé Alice Nicolet, présidente de la FIDL, deuxième organisation lycéenne. 13.500 sont prévues à la rentrée 2009. Le secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education, Gérard Aschieri, a déclaré s'attendre à "une suite de mouvements dans l'Education nationale" et à un mouvement social "remarquable" au mois de janvier.
Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF (syndicat étudiant), a estimé que l'"inquiétude" des lycéens gagnait l'université, qui craint pour son "budget".
Défilés dans toute la France
A Paris, entre 7500 personnes, selon la police, et 13.000 selon les organisateurs, ont défilé sans incident jusqu'au ministère. Des lycées ont été bloqués en Ile-de-France. Dans
l'Ouest, les cortèges ont regroupé 5000 personnes (police) à Rennes, 2000 à Rouen, 2500 à Quimper, 2000 à Saint-Brieuc, 2500 à Lorient, 1500 à Brest, 2300 à Caen et 1000 à Saint-Nazaire.
Certains lycées, souvent privés, ont par ailleurs été fermés jusqu'aux vacances en Loire-Atlantique, dans le Finistère, le Morbihan ou la Manche.
Entre 5500 jeunes (police) et 10.000 (organisateurs) ont défilé à Lyon, perturbant les transports en commun. Quelques incidents ont occasionné l'interpellation ou le contrôle d'une quarantaine de personnes. Environ 1400 lycéens ont défilé à Clermont-Ferrand, 1200 à Saint-Etienne.
A Lille, dans le Nord, en Picardie ou Champagne-Ardennes, plusieurs milliers de jeunes ont manifesté en demandant "le retrait total de la réforme".
Entre 2000 et 4000 jeunes ont marché à Marseille. 51 établissements sur 125 étaient perturbés dans la région Midi-Pyrénées.
Réactions politiques
Le premier ministre, François Fillon, a accusé le PS de vouloir "créer des tensions" en appelant ses militants à manifester auprès des lycéens. Le comité directeur de l'UMP a affirmé son "soutien sans réserve" à la décision de Xavier Darcos de reprendre les discussions.
Les partis de gauche ont apporté leur soutien aux lycéens. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a estimé que le gouvernement avait "allumé un incendie qu'il ne parvient pas à atteindre".